

Pendant longtemps, nous avons appris à considérer certaines émotions comme un problème. La peur, la colère, la tristesse, la honte ou la culpabilité sont souvent vécues comme des états dont il faudrait se débarrasser rapidement, comme si elles étaient des signes de faiblesse, de déséquilibre ou de manque de maîtrise de soi.
Pourtant, les émotions ne sont pas là par hasard. Elles ne sont pas des erreurs du système humain. Elles font partie de notre intelligence adaptative. Elles nous informent, nous orientent, nous préparent à agir et nous aident à nous ajuster à notre environnement.
Une émotion peut être comprise comme une réponse globale de l’organisme face à une situation qui a une signification pour nous. Elle ne concerne donc pas uniquement ce que nous “ressentons” intérieurement. Elle implique aussi le corps, les pensées, les expressions du visage, les comportements, les impulsions d’action et la manière dont nous interprétons ce qui se passe.
Autrement dit, une émotion est une forme d’organisation intérieure. Elle apparaît lorsque notre système évalue qu’un événement est important pour notre sécurité, notre identité, nos besoins, nos valeurs ou nos objectifs.
Lorsque nous ressentons de la peur, par exemple, notre organisme détecte une menace réelle ou perçue. Lorsque nous ressentons de la colère, quelque chose en nous signale souvent qu’une limite a été franchie, qu’une injustice a été vécue ou qu’un besoin important n’a pas été respecté. Lorsque nous ressentons de la tristesse, notre système reconnaît une perte, une séparation, une déception ou un renoncement. Et lorsque nous ressentons de la joie, de l’intérêt ou de l’amour, notre organisme nous indique que quelque chose nourrit notre élan vital, notre lien aux autres ou notre désir d’explorer la vie.
Les émotions ont donc une fonction essentielle : elles nous renseignent sur notre relation au monde.
Elles nous parlent d’abord de nous-mêmes. Elles nous montrent ce qui compte pour nous, ce qui nous touche, ce qui nous menace, ce qui nous attire, ce qui nous manque ou ce qui demande notre attention. Elles nous donnent des informations précieuses sur nos besoins, nos limites, nos désirs et nos blessures.
Mais elles ont aussi une fonction relationnelle. Une émotion se manifeste rarement uniquement à l’intérieur de nous. Elle s’exprime à travers le corps : le regard, la posture, la voix, les gestes, la respiration, les tensions musculaires ou les expressions du visage. Par ces manifestations, nous communiquons aux autres quelque chose de notre état intérieur, parfois même avant d’avoir trouvé les mots pour l’exprimer.
C’est pourquoi les émotions sont au cœur de la communication humaine. Avant même le langage verbal, le corps parle. Un enfant comprend très tôt l’état émotionnel de son parent à travers le ton de sa voix, son visage, son regard ou sa présence corporelle. De la même manière, à l’âge adulte, nous percevons souvent l’émotion de l’autre avant même qu’il ne nous dise ce qu’il ressent.
Les émotions ont également une fonction motivationnelle. Elles nous poussent vers l’action. Elles ne sont pas seulement des expériences intérieures ; elles portent en elles une direction.
La peur peut nous pousser à chercher de la sécurité, à nous protéger, à demander des informations ou à agir pour réduire un danger. La colère peut nous donner l’énergie nécessaire pour poser une limite, demander réparation ou défendre une valeur importante. La tristesse peut nous inviter à ralentir, à intégrer une perte, à chercher du soutien ou à réorganiser notre vie après une déception. L’intérêt nous pousse à explorer, apprendre et nous engager. La joie nous donne envie de créer, de jouer, de partager et d’élargir notre expérience. L’amour favorise le rapprochement, l’ouverture et le lien.
Dans cette perspective, il n’y a pas d’émotions “inutiles”. Même les émotions dites négatives ont une fonction. Elles deviennent surtout difficiles lorsqu’elles sont trop intenses, trop fréquentes, mal comprises, refoulées ou lorsqu’elles restent bloquées dans le corps et le système nerveux.
On parle souvent d’émotions positives et négatives, mais cette distinction peut être trompeuse. Une émotion dite positive n’est pas “bonne” au sens moral, et une émotion dite négative n’est pas “mauvaise”. Il s’agit plutôt de leur valence : certaines émotions sont vécues comme agréables, attirantes ou expansives, tandis que d’autres sont vécues comme désagréables, douloureuses ou repoussantes.
Cette valence dépend de la manière dont notre système évalue une situation. Si un événement soutient nos besoins, nos objectifs, notre sécurité ou notre sentiment de lien, il peut générer des émotions agréables comme la joie, la satisfaction, l’intérêt ou l’amour. Si, au contraire, un événement menace, bloque ou empêche la satisfaction de nos besoins, il peut générer de la peur, de la colère, de la tristesse, de la honte ou de la culpabilité.
Les émotions positives nous aident à nous ouvrir à la vie. Elles favorisent l’exploration, la créativité, la curiosité, la capacité à créer du lien et à élargir nos ressources intérieures. Elles ne servent pas seulement à nous faire “nous sentir bien”. Elles participent aussi à notre adaptation à long terme, car elles nourrissent la confiance, la flexibilité, l’apprentissage et la relation.
Les émotions négatives, quant à elles, ont souvent une fonction plus immédiate. Elles attirent notre attention sur quelque chose qui nécessite une réponse. Elles nous signalent qu’un besoin n’est pas satisfait, qu’une limite est franchie, qu’un danger est perçu, qu’une perte doit être reconnue ou qu’un ajustement est nécessaire.
Le problème n’est donc pas de ressentir des émotions négatives. Le problème apparaît lorsque nous ne savons pas les écouter, lorsque nous les jugeons, lorsque nous les réprimons ou lorsque nous nous identifions complètement à elles.
Une émotion est une information, mais elle n’est pas toujours une vérité absolue. Elle nous indique comment notre système interprète une situation à un moment donné, à partir de notre histoire, de nos croyances, de notre état intérieur et de notre niveau de sécurité. C’est pourquoi deux personnes peuvent vivre la même situation de manière très différente. Ce qui déclenche de la peur chez l’une peut provoquer de l’excitation chez l’autre. Ce qui réveille de la honte chez l’une peut rester neutre pour quelqu’un d’autre.
Comprendre les émotions, ce n’est donc pas chercher à les contrôler à tout prix. C’est apprendre à les reconnaître, à les nommer, à écouter leur message et à observer ce qu’elles déclenchent dans le corps, dans les pensées et dans les comportements.
Lorsqu’une émotion apparaît, elle mobilise tout l’organisme. Elle modifie la respiration, le rythme cardiaque, les tensions musculaires, la posture, l’attention, la perception et parfois même la mémoire. Elle prépare le corps à répondre à ce qui est perçu comme important.
Une émotion n’est pas seulement une expérience mentale ou psychologique. Elle est aussi un état corporel. Elle se vit dans le système nerveux, dans les muscles, dans le souffle, dans le ventre, dans la poitrine, dans la gorge ou dans la manière dont nous nous sentons présents au monde.
Pour apprendre à réguler nos émotions, il ne suffit donc pas de les analyser mentalement. Il est nécessaire de comprendre aussi comment le corps réagit, comment le système nerveux s’active ou se protège, et comment nous pouvons progressivement retrouver un état de sécurité intérieure.
Le système nerveux : là où les émotions prennent forme dans le corps
Pour comprendre la régulation émotionnelle, il est essentiel de comprendre que les émotions ne se vivent pas uniquement dans la tête. Elles ne sont pas seulement des pensées, des interprétations ou des réactions psychologiques. Elles sont aussi, et peut-être d’abord, des états du corps.
Lorsqu’une émotion apparaît, tout notre organisme est concerné. Le rythme cardiaque peut s’accélérer, la respiration peut devenir plus courte, les muscles peuvent se tendre, la gorge peut se serrer, le ventre peut se contracter, la poitrine peut devenir lourde ou oppressée. Certaines personnes ressentent une agitation intérieure, d’autres une fatigue soudaine, une envie de fuir, de se défendre, de se figer ou de disparaître.
Ces réactions sont liées au fonctionnement du système nerveux, et plus précisément du système nerveux autonome.
Le système nerveux autonome est la partie du système nerveux qui régule de nombreuses fonctions involontaires de notre organisme : la respiration, le rythme cardiaque, la digestion, la transpiration, la tension musculaire, certaines réponses hormonales et notre niveau général d’activation. Il fonctionne en grande partie sans que nous ayons besoin d’y penser consciemment.
Son rôle principal est de nous aider à nous adapter à ce qui se passe à l’intérieur et à l’extérieur de nous. Il scanne constamment notre environnement, nos sensations corporelles, les expressions des autres, les tonalités de voix, les signaux de sécurité ou de danger. Et en fonction de ce qu’il perçoit, il prépare notre organisme à répondre.
Traditionnellement, on parle de deux grandes branches du système nerveux autonome : le système sympathique et le système parasympathique.
Le système sympathique est souvent associé à l’activation. Lorsqu’il se mobilise, il prépare le corps à agir. Le cœur bat plus vite, la respiration s’accélère, les muscles se préparent au mouvement, l’attention se focalise sur ce qui est perçu comme important ou menaçant. C’est cette activation qui nous permet de réagir, de nous défendre, de fuir, de nous mobiliser, de faire face à un défi.
Dans un contexte adapté, cette activation est saine et nécessaire. Elle nous donne de l’énergie, de la concentration, de la force et de la réactivité. Mais lorsqu’elle devient chronique, ou lorsqu’elle se déclenche en permanence face à des situations qui ne représentent pas un danger réel immédiat, elle peut créer un état de tension constante. La personne peut alors vivre avec une impression d’urgence intérieure, d’hypervigilance, de stress permanent ou d’incapacité à se détendre.
Le système parasympathique, lui, est souvent associé au ralentissement, à la récupération, à la digestion, au repos et à la restauration. Il permet au corps de revenir à un état plus calme après l’activation. Il soutient les fonctions de réparation, d’intégration et de récupération.
Mais le fonctionnement du système nerveux est plus nuancé qu’une simple opposition entre activation et relaxation. C’est ici que la théorie polyvagale, développée par Stephen Porges, apporte une perspective intéressante, notamment pour comprendre les réactions émotionnelles et corporelles face au stress, à la peur ou au sentiment d’insécurité.
Selon cette approche, notre système nerveux ne se contente pas de réagir consciemment à ce que nous pensons. Il évalue en permanence, souvent de manière inconsciente, si nous sommes en sécurité, en danger ou en situation de menace extrême. Cette évaluation automatique a parfois été appelée neuroception : une perception profonde, corporelle et préconsciente de la sécurité ou du danger.
Autrement dit, avant même que nous ayons le temps de nous dire mentalement “je suis en sécurité” ou “je suis en danger”, notre corps a souvent déjà commencé à répondre.
Le nerf vague joue ici un rôle central. C’est un grand nerf qui relie le cerveau à de nombreux organes, notamment le cœur, les poumons et le système digestif. Il participe à la régulation de nombreuses fonctions corporelles et influence notre capacité à nous apaiser, à nous connecter aux autres et à retrouver un état de sécurité intérieure.
Dans la perspective polyvagale, on distingue notamment trois grands états du système nerveux.
Le premier est l’état de sécurité et de connexion. Lorsque notre système nerveux perçoit suffisamment de sécurité, nous avons plus facilement accès à la présence, au lien, à la curiosité, à l’ouverture, à la parole, à l’écoute et à la créativité. Le corps n’est pas en mode survie. La respiration est plus fluide, le visage plus expressif, la voix plus posée, la pensée plus claire. Dans cet état, nous pouvons entrer en relation avec les autres sans nous sentir menacés, apprendre, réfléchir, ressentir et nous ajuster avec plus de souplesse.
Le deuxième état est celui de la mobilisation. Lorsque le système nerveux perçoit un danger ou un défi, il active les réponses de survie liées au combat ou à la fuite. Cela peut se traduire par de la colère, de l’irritabilité, de l’agitation, de l’anxiété, de l’urgence, de l’impatience, une tension musculaire ou un besoin de contrôler la situation. Le corps se prépare à faire quelque chose : attaquer, fuir, se défendre, répondre, anticiper.
Cet état n’est pas “mauvais” en soi. Il est utile lorsqu’une action est nécessaire. Mais s’il devient notre mode de fonctionnement habituel, nous pouvons finir par vivre dans une forme d’hyperactivation. Beaucoup de personnes très perfectionnistes, très responsables ou très sensibles au regard des autres connaissent bien cet état : elles avancent, elles accomplissent, elles contrôlent, elles anticipent, mais intérieurement leur système nerveux reste en alerte.
Le troisième état est celui de l’immobilisation ou de la déconnexion. Lorsque le système nerveux perçoit qu’il n’est plus possible de fuir ou de se défendre, il peut entrer dans une réponse de figement, d’effondrement ou de retrait. C’est ce que l’on peut appeler un mode de protection par arrêt, coupure ou mise en pause.
Dans cet état, la personne peut se sentir vide, absente, dissociée, paralysée, très fatiguée ou incapable de réagir. Elle peut avoir l’impression de ne plus avoir accès à ses ressources, de ne plus savoir quoi dire, de ne plus pouvoir penser clairement ou de se couper de ses sensations. Ce n’est pas un manque de volonté. C’est une réponse de protection du système nerveux lorsque l’organisme perçoit une surcharge ou une menace trop intense.
Cette compréhension est importante, car elle permet de regarder certaines réactions avec beaucoup plus de compassion. Une personne qui se fige dans une situation de conflit, qui perd ses moyens lorsqu’elle se sent jugée, qui se sent épuisée après une interaction difficile ou qui a besoin de se retirer après une surcharge émotionnelle n’est pas simplement “trop sensible” ou “faible”. Son système nerveux tente de la protéger avec les moyens qu’il connaît.
Ces réponses peuvent devenir particulièrement visibles dans les situations qui touchent notre identité, notre valeur personnelle ou notre sentiment d’appartenance. La peur du jugement, la peur du rejet, la peur de l’échec ou le besoin de validation extérieure ne sont pas seulement des pensées négatives. Elles peuvent activer de véritables réponses corporelles de survie.
Pour certaines personnes, un regard, une critique, un silence, un message non répondu ou une comparaison avec quelqu’un d’autre peuvent être perçus par le système nerveux comme une menace. Le corps réagit alors comme si quelque chose d’important était en jeu : la sécurité relationnelle, la valeur personnelle, la possibilité d’être aimé, accepté ou reconnu.
C’est pourquoi il ne suffit pas toujours de se dire mentalement : “Ce n’est pas grave”, “Je ne devrais pas réagir comme ça”, “Je sais que je vaux quelque chose” ou “Je dois arrêter de me comparer”. Le mental peut comprendre, mais le corps, lui, peut continuer à réagir comme s’il était en danger.
Nos expériences passées jouent ici un rôle important. Le système nerveux apprend à partir de ce que nous avons vécu. Si, dans l’enfance ou à un autre moment de la vie, nous avons souvent associé l’erreur à la honte, le désaccord au rejet, la critique au danger, l’échec à une perte d’amour ou le regard des autres à une menace, le corps peut garder cette mémoire. Même des années plus tard, une situation apparemment banale peut réactiver cette ancienne organisation intérieure.
C’est ce que l’on veut dire lorsque l’on dit que certaines réactions sont “inscrites dans le corps”. Il ne s’agit pas d’une métaphore abstraite. Le corps garde des habitudes de protection. Il apprend à se tendre, à anticiper, à se fermer, à se figer, à plaire, à contrôler ou à disparaître selon ce qui a autrefois permis de réduire la douleur, le danger ou l’insécurité.
Ainsi, certaines stratégies d'adaptation deviennent automatiques. Le perfectionnisme peut être une manière de prévenir la critique. Le besoin de plaire peut être une manière d’éviter le rejet. Le contrôle peut être une manière de calmer l’incertitude. La comparaison peut devenir une tentative de mesurer sa valeur ou de vérifier sa place. Et l’hyperadaptation aux autres peut devenir une manière de maintenir le lien au prix de soi-même.
Ces mécanismes ne sont pas des défauts de caractère. Ce sont souvent des stratégies de survie devenues des habitudes intérieures.
Mais ce qui a protégé hier peut limiter aujourd’hui. Une réponse qui a été utile dans un ancien contexte peut devenir douloureuse lorsqu’elle continue à se déclencher dans la vie adulte, même quand la situation réelle ne nécessite plus une telle protection.
C’est précisément là que commence le travail de régulation émotionnelle.
Réguler une émotion ne signifie pas la supprimer, la nier ou la contrôler par la force. Cela signifie apprendre à rester en relation avec ce qui se passe en soi, sans être totalement envahi par l’intensité de l’expérience.
Lorsque l’émotion est forte, il est souvent difficile de commencer par l’analyse mentale. Le système nerveux peut être déjà activé : le corps se tend, la respiration se modifie, l’attention se rétrécit autour du danger perçu, réel ou symbolique. Dans ces moments-là, le corps a d’abord besoin de recevoir des signaux de sécurité.
La régulation émotionnelle commence alors par des gestes simples et concrets : reconnaître qu’une émotion est présente, revenir au corps, s’orienter dans l’espace, sentir ses points d’appui, respirer plus profondément, revenir au moment présent et observer les pensées sans les croire immédiatement.
Cela demande de déplacer progressivement notre attention. Au lieu de rester uniquement dans l’analyse mentale — « Pourquoi est-ce que je réagis comme ça ? Qu’est-ce qui ne va pas chez moi ? Comment faire pour arrêter ? » — nous apprenons à écouter le langage du corps : « Qu’est-ce qui s’active en moi ? Où est-ce que je le ressens ? Mon corps cherche-t-il à fuir, à se défendre, à se figer, à plaire ou à se fermer ? De quoi mon système a-t-il besoin pour retrouver un peu plus de sécurité ? »
Cette approche change profondément notre rapport à nous-mêmes. Elle nous permet de passer du jugement à l’observation, de la lutte intérieure à la compréhension, et de la réaction automatique à une réponse plus consciente.
Le système nerveux n’a pas besoin d’être forcé. Il a besoin d’être rassuré, accompagné et rééduqué progressivement à la sécurité. C’est pourquoi la régulation émotionnelle passe souvent par le corps : la respiration, l’ancrage, le mouvement, la présence, le relâchement des tensions, l’orientation dans l’espace, le contact avec les sensations, la voix, le rythme, le lien sécurisant et la capacité à revenir au moment présent.
Mais la régulation émotionnelle ne se réduit pas à une technique ponctuelle. Elle implique aussi une relation plus profonde avec soi-même. Il s’agit d’apprendre à accueillir ce qui se passe en nous avec plus de présence, de curiosité et de responsabilité, au lieu de rejeter les parties de nous qui ont peur, qui doutent, qui souffrent ou qui cherchent à se protéger.
Lorsque le corps commence à percevoir qu’il n’est plus dans le même danger qu’autrefois, l’émotion peut circuler autrement. Elle n’a plus besoin de nous envahir, de nous figer ou de nous pousser à réagir automatiquement. Elle peut redevenir ce qu’elle est profondément : une information, une énergie, un mouvement intérieur qui cherche à nous aider à nous adapter, à nous protéger, à nous connaître et à revenir vers nous-mêmes.
C’est pourquoi comprendre le système nerveux est une étape essentielle du travail émotionnel. Nous ne sommes pas seulement des êtres qui pensent. Nous sommes des êtres qui ressentent, perçoivent, réagissent et mémorisent à travers le corps.
Apprendre à réguler ses émotions, c’est donc apprendre à dialoguer avec son système nerveux. C’est lui offrir, peu à peu, de nouvelles expériences de sécurité, de présence et de soutien intérieur.
Pour aller plus loin, vous pouvez lire mon article consacré à la régulation émotionnelle, où j’explique plus en détail comment revenir au corps, au moment présent et au soutien intérieur.
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